POURQUOI LE SNCI-FO PROPOSE UNE ALTERNATIVE SOLIDE POUR LES PERSONNELS D’INSPECTION ?
Les conditions de travail des IEN comme des IA-IPR se dégradent depuis plus de vingt ans sous l’effet cumulé de réformes managériales, de surcharges administratives et de perte de sens professionnel. Ces reculs sont en grande partie la conséquence d’une cogestion syndicale prolongée avec le ministère. Face à cette situation, les organisations syndicales sont plus que jamais appelées à jouer un rôle déterminant. Pourtant, toutes n’adoptent pas la même posture ni la même profondeur d’analyse.
Une revalorisation sans rupture : les limites de l’approche des organisations engagées dans le GT “alléger-simplifier”
Deux organisations ont choisi de siéger dans le groupe de travail “alléger-simplifier” mis en place par le ministère. Pour le SNCI-FO, cette participation s’inscrit dans une logique d’accompagnement des réformes qui, au lieu de défendre le Statut et les missions des inspecteurs, contribue à valider des dispositifs contraires à leur intérêt. À la sortie du dernier GT, leur principale revendication porte sur l’alignement des carrières entre IEN et IA-IPR, l’accès facilité à l’échelon spécial, et une meilleure reconnaissance indemnitaire.
Si ces éléments sont légitimes, cette lecture reste cantonnée à une logique de revalorisation de corps, sans remise en cause des mécanismes systémiques à l’œuvre : injonctions descendantes, management par objectifs, pilotage par les chiffres, perte d’autonomie. Cette approche sectorielle, bien que mobilisatrice à court terme, reste silencieuse sur les causes profondes du malaise professionnel.
Le SNCI-FO : une lecture globale, une réponse structurée
À l’inverse, le SNCI-FO s’appuie sur une analyse de fond, comme en témoigne son article « GT alléger, simplifier : comment faire encore confiance ? » publié en mai 2025. Notre syndicat ne se limite pas à constater les effets de l’injustice : il en interroge les origines.
Nous dénonçons la logique profonde du “nouveau management public” qui fragilise notre statut et le cœur de nos missions : la clause de mobilité, la rémunération dite “au mérite”, la substitution de l’expertise pédagogique par des tableaux de bord, la réduction du rôle de l’inspecteur à celui d’un agent de contrôle de politiques imposées et l’instrumentalisation des indicateurs comme outils de mise au pas, la diminution sans cesse des moyens nécessaires au fonctionnement de l’École publique.
Notre réponse ne se contente pas d’exiger une réécriture des grilles de carrière, que nous revendiquons également ! Mais nous considérons là encore la question de la rémunération de manière systémique : retour de la retraite à 60 ans, revalorisation du point d’indice et basculement du régime indemnitaire vers le régime indiciaire. Notre réponse en matière de conditions de travail se construit ainsi autour de trois axes :
- Redonner sens à nos missions : en refusant la standardisation, nous défendons l’intelligence de terrain, la capacité à adapter les pratiques au réel, et la valeur du jugement professionnel.
- Restaurer l’autonomie : en réclamant une participation pleine et entière des inspecteurs à la définition des politiques éducatives, loin d’un simple rôle d’exécutant.
- Proposer des mesures concrètes : abandon de toute rémunération dite “au mérite (RIFSEEP), révision des modalités d’évaluation et de mobilité, redéfinition des missions, allègement réel des charges administratives, mise en place de formations qualitatives ne reposant plus sur la logique du “nouveau management public”, et renforcement des moyens à la hauteur des besoins de l’École publique.
Deux postures, deux perspectives
L’approche des organisations qui participent aux GT organisés par le ministère témoigne d’une logique de réparation individuelle. Celle du SNCI-FO porte une ambition collective : refonder les conditions d’exercice des personnels d’inspection dans une perspective émancipatrice, respectueuse de l’expertise professionnelle et centrée sur les besoins réels de l’École publique.
Dans un moment où l’École publique est menacée de déshumanisation, les inspecteurs ont besoin d’une organisation syndicale qui ne se contente pas de suivre les diagnostics du ministère, mais qui ose penser autrement.
Le SNCI-FO est cette organisation.