VIOLENCES EN MILIEU SCOLAIRE : DEUX MILLIONS D’ÉLÈVES PRIVÉS D’UN OUTIL DE PRÉVENTION. UNE DÉCISION INCOMPRÉHENSIBLE

V

Le minis­tère de l’É­du­ca­tion natio­nale a pré­sen­té son plan “Bri­sons le silence” comme une réponse ambi­tieuse aux vio­lences en milieu sco­laire. Par­mi les mesures annon­cées figure la dif­fu­sion de ques­tion­naires ano­nymes per­met­tant aux élèves, notam­ment en inter­nat, de signa­ler d’é­ven­tuelles situa­tions de vio­lences.

Pour­tant, le minis­tère a choi­si d’ap­pli­quer cette mesure de façon dif­fé­ren­ciée : obli­ga­toire dans les éta­blis­se­ments publics, elle devient facul­ta­tive dans les éta­blis­se­ments pri­vés sous contrat.

Cette déci­sion est incom­pré­hen­sible.

Les vio­lences ne connaissent ni fron­tière admi­nis­tra­tive, ni sta­tut juri­dique des éta­blis­se­ments. Elles concernent tous les élèves. Pour­quoi pri­ver près de deux mil­lions d’é­lèves sco­la­ri­sés dans l’en­sei­gne­ment pri­vé sous contrat d’un dis­po­si­tif de pré­ven­tion pré­sen­té comme essen­tiel dans le sec­teur public ?

Une telle dif­fé­rence de trai­te­ment inter­roge pro­fon­dé­ment la cohé­rence de la poli­tique minis­té­rielle. Si ces ques­tion­naires consti­tuent un outil per­ti­nent pour libé­rer la parole des vic­times et détec­ter des situa­tions de vio­lences, ils doivent béné­fi­cier à tous les élèves. S’ils ne sont pas indis­pen­sables, pour­quoi les impo­ser dans le public ?

On ne peut, d’un côté, affir­mer faire de la lutte contre les vio­lences une prio­ri­té natio­nale et, de l’autre, accep­ter que son prin­ci­pal outil de repé­rage ne soit pas déployé par­tout.

Le SNCI-FO demande que ces ques­tion­naires, comme l’en­semble du plan “Bri­sons le silence” soient mis en œuvre dans l’en­semble des éta­blis­se­ments, publics comme pri­vés sous contrat, afin de garan­tir à chaque élève le même niveau de pro­tec­tion.

En matière de pro­tec­tion de l’en­fance, il ne peut y avoir deux poids, deux mesures.

Le com­mu­ni­qué for­mat pdf