L’École de la République n’est pas un instrument de propagande
La commission des affaires culturelles et de l’éducation de l’Assemblée nationale a adopté le 25 février 2026 une proposition de loi visant à renforcer « l’enseignement à la défense et à la sécurité globale » dans les collèges et les lycées, notamment à travers la création d’un référentiel dédié et l’intervention possible de réservistes ou d’acteurs extérieurs aux établissements.
Pour le SNCI-FO, cette orientation constitue une nouvelle étape dans un mouvement préoccupant de militarisation progressive de l’École publique et de la jeunesse, qui la détourne de ses missions fondamentales.
Le rôle des inspecteurs : garantir l’indépendance pédagogique
Les inspecteurs du second degré (IA-IPR et IEN 2D), ainsi que les IEN du premier degré, ont pour mission de garantir la qualité scientifique et pédagogique des enseignements.
Ils veillent notamment :
- au respect des programmes ;
- à l’exigence disciplinaire ;
- à l’indépendance intellectuelle de l’enseignement.
Introduire des intervenants dont la mission première est la promotion des armées pose une difficulté évidente : il ne s’agit plus d’un enseignement critique construit par les disciplines scolaires, mais d’une intervention institutionnelle extérieure.
Les inspecteurs ne peuvent accepter que l’École publique devienne un espace de communication ou de promotion institutionnelle.
L’École doit former des citoyens libres, pas être un outil d’embrigadement
L’École de la République repose sur des principes clairs :
- la neutralité de l’État dans l’enseignement ;
- la liberté de conscience ;
- la formation de l’esprit critique.
Transformer l’École en lieu d’« acculturation à la défense » ou multiplier les dispositifs de partenariat avec l’armée revient à brouiller ces principes fondamentaux.
Former des citoyens éclairés ne signifie pas orienter la jeunesse vers une vision particulière du rôle des armées ou de la politique internationale.
Le SNCI-FO demande l’abandon de ces orientations
Le SNCI-FO réaffirme son attachement à une École publique :
- indépendante des logiques de propagande politique ou militaire ;
- centrée sur les savoirs disciplinaires et la formation de l’esprit critique ;
- respectueuse de la liberté pédagogique des enseignants.
Il demande :
- l’abandon de la proposition de loi sur l’enseignement renforcé de la défense ;
- la fin des dispositifs reposant sur l’intervention directe des forces armées dans les établissements scolaires ;
- la priorité donnée aux moyens d’enseignement, à la formation et aux disciplines.
Dans un contexte marqué par l’austérité budgétaire pour l’Éducation nationale et l’augmentation massive des dépenses militaires, l’urgence n’est pas de militariser l’École publique, mais de lui redonner les moyens d’instruire et d’émanciper la jeunesse.
Le SNCI-FO continuera, avec les personnels d’inspection et l’ensemble des personnels de l’Éducation nationale, à défendre une École publique libre, laïque et émancipatrice.