NON À LA MILITARISATION DE L’ÉCOLE PUBLIQUE, NON À LA PRÉPARATION DE LA JEUNESSE A LA GUERRE

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Le mer­cre­di 19 novembre, devant le Congrès des maires de France, le Chef d’état-major des armées a affir­mé que la France devait se pré­pa­rer à un conflit armé contre la Rus­sie et se tenir prête à « accep­ter de perdre ses enfants » ain­si qu’à « souf­frir éco­no­mi­que­ment » pour répondre aux prio­ri­tés de « l’économie de guerre ». Il a enjoint les maires à pré­pa­rer la mobi­li­sa­tion de la jeu­nesse.

Ces décla­ra­tions d’une gra­vi­té excep­tion­nelle confirment la tra­jec­toire que le gou­ver­ne­ment impose au pays : une marche ouverte vers la guerre, finan­cée par des coupes dans les ser­vices publics essen­tiels, au pre­mier rang des­quels l’École publique.

“Enseigner la défense” : une intrusion militaire dans l’École publique

Dans le même temps, nous avons appris par l’Union dépar­te­men­tale FO de La Réunion que le rec­to­rat de La Réunion orga­nise déjà une for­ma­tion inti­tu­lée “Ensei­gner la défense”, ani­mée par un membre de l’état-major des FAZSOI, sur la thé­ma­tique « sou­ve­rai­ne­té natio­nale et contexte géo­po­li­tique actuel ».

C’est une rup­ture his­to­rique et une dérive dan­ge­reuse.

L’École publique n’a pas pour voca­tion de pré­pa­rer la jeu­nesse à la guerre, ni d’être un ins­tru­ment d’acculturation mili­taire.
Les per­son­nels — ensei­gnants comme ins­pec­teurs — n’ont pas à être enrô­lés dans un dis­po­si­tif d’endoctrinement guer­rier au nom d’une poli­tique d’« éco­no­mie de guerre ».

La neu­tra­li­té du ser­vice public, la liber­té péda­go­gique, la mis­sion éman­ci­pa­trice de l’École publique sont direc­te­ment mena­cées.

Une militarisation déjà en cours : classes défense, rallyes citoyens et embrigadement de la jeunesse

Les faits rap­por­tés par notre fédé­ra­tion FNEC FP-FO confirment la mul­ti­pli­ca­tion des dis­po­si­tifs visant à « déve­lop­per l’esprit de défense » au sein des éta­blis­se­ments :

  • les “ral­lyes citoyens”, où des élèves par­ti­cipent à des ate­liers enca­drés par des mili­taires, des forces de l’ordre ou des per­son­nels péni­ten­tiaires ;
  • les classes défense, aujourd’hui plus de 500, par­rai­nées par des uni­tés mili­taires et tou­chant plus de 12 500 élèves, sou­vent en édu­ca­tion prio­ri­taire ;
  • les classes enga­gées liées au SNU.

Ces dis­po­si­tifs par­ti­cipent d’un même mou­ve­ment d’embrigadement de la jeu­nesse, qui confirme que la for­ma­tion mili­taire entre pro­gres­si­ve­ment dans l’École publique, en contra­dic­tion totale avec ses mis­sions.

Un basculement assumé : l’École publique sacrifiée au profit de l’économie de guerre

Depuis deux ans, FO n’a ces­sé d’alerter :

  • l’explosion sans pré­cé­dent du bud­get mili­taire ;
  • la contrac­tion du bud­get de l’Éducation natio­nale ;
  • la dégra­da­tion des condi­tions de tra­vail ;
  • le recul du ser­vice public et de la san­té sco­laire ;
  • l’instrumentalisation crois­sante de la jeu­nesse.

Les décla­ra­tions du Chef d’état-major éclairent bru­ta­le­ment les choix gou­ver­ne­men­taux : la prio­ri­té n’est plus l’École publique. C’est la pré­pa­ra­tion du pays à la guerre.

Nos pré­cé­dents com­mu­ni­qués fédé­raux l’avaient anti­ci­pé :

  • Stop à la mili­ta­ri­sa­tion de l’École et à la mise au pas de la jeu­nesse ;
  • Le bud­get Macron–Lecornu doit tom­ber.

Ces alertes prennent aujourd’hui une dimen­sion encore plus urgente.

Notre position est claire, ferme, non négociable

Le SNCI-FO, avec la FNEC FP-FO et la Confé­dé­ra­tion FO, réaf­firme :

  • Notre oppo­si­tion totale à l’économie de guerre.
  • Notre refus vis­cé­ral de la guerre et de toute mili­ta­ri­sa­tion de la socié­té.
  • Notre refus abso­lu de la mili­ta­ri­sa­tion de l’École publique.
  • Notre atta­che­ment indé­fec­tible à une École publique éman­ci­pa­trice, laïque, indé­pen­dante du pou­voir mili­taire.
  • Notre refus que les per­son­nels soient sou­mis à une for­ma­tion déli­vrée par des mili­taires.

Nous exi­geons le retrait immé­diat de toute direc­tive rela­tive à “Ensei­gner la défense”.
Nous appe­lons les per­son­nels à nous sai­sir de toute pres­sion ou ten­ta­tive d’enrôlement.

L’École publique n’est pas un champ de manœuvres !

L’École publique est un ser­vice public répu­bli­cain,

au ser­vice des élèves,

de la liber­té,

de la paix.

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