INTENSIFICATION DU TRAVAIL DES IEN : CE QU’UNE AUDIENCE DÉPARTEMENTALE CONFIRME

I

Le 26 août 2026, le SNCI-FO était reçu par le DASEN d’Indre-et-Loire, à la suite d’un cour­rier du 1er juillet 2026 aler­tant sur plu­sieurs remon­tées conver­gentes des per­son­nels d’ins­pec­tion du dépar­te­ment. Au-delà du cas par­ti­cu­lier, cette audience éclaire un phé­no­mène plus géné­ral : la manière dont l’ac­cu­mu­la­tion de contraintes ordi­naires finit par trans­for­mer la charge de tra­vail des IEN.

Une accumulation qui n’est pas une addition

Sol­li­ci­ta­tions récur­rentes dans des délais contraints, calen­drier des entre­tiens pro­fes­sion­nels res­ser­ré par la ges­tion de l’é­pi­sode cani­cu­laire, charge admi­nis­tra­tive crois­sante liée à Cho­rus-DT, avances de frais dépas­sant par­fois le mil­lier d’eu­ros lors des jurys de concours : pris sépa­ré­ment, cha­cun de ces élé­ments relève de la contrainte ponc­tuelle. C’est pré­ci­sé­ment ce que la socio­lo­gie du tra­vail invite à ne pas faire — trai­ter iso­lé­ment ce qui pro­cède d’une dyna­mique cumu­la­tive. L’in­ten­si­fi­ca­tion du tra­vail ne se mesure pas à l’aune d’une tâche sup­plé­men­taire, mais à celle de la réduc­tion des marges de manœuvre et du temps dis­po­nible pour un tra­vail de qua­li­té, quand les exi­gences pres­crites croissent sans que les res­sources — temps, moyens, recon­nais­sance — suivent.

Cette lec­ture rejoint les tra­vaux consa­crés aux risques psy­cho­so­ciaux, qui dis­tinguent la charge de tra­vail pres­crite de la charge réel­le­ment sup­por­tée par les agents, et iden­ti­fient dans cet écart un fac­teur de risque à part entière. Le minis­tère lui-même a enga­gé des tra­vaux sur la san­té au tra­vail des per­son­nels d’ins­pec­tion, recon­nais­sant l’exis­tence de ces dif­fi­cul­tés. Il reste à en tirer les consé­quences au plus près du ter­rain.

Ce que l’audience a permis d’obtenir

Le dia­logue enga­gé avec le DASEN et la Secré­taire géné­rale de la DSDEN, l’IEN A‑DASEN et le DAASEN, a per­mis des cla­ri­fi­ca­tions et des enga­ge­ments concrets :

  • une accé­lé­ra­tion annon­cée des mises en paie­ment des frais de dépla­ce­ment, dans un contexte où l’ou­til natio­nal Cho­rus-DT reste recon­nu, de part et d’autre, comme peu acces­sible ;
  • la confir­ma­tion que la pré­sence des IEN n’est pas requise pour la récep­tion des livrets d’é­va­lua­tions natio­nales, ce qui répond à une contrainte calen­daire mal iden­ti­fiée ;
  • l’an­nonce d’un guide des­ti­né à orien­ter les IEN vers les bons inter­lo­cu­teurs selon les situa­tions ren­con­trées par les per­son­nels — une ini­tia­tive que le SNCI-FO accueille favo­ra­ble­ment, sans y voir un sub­sti­tut à une réflexion struc­tu­relle sur les causes de l’aug­men­ta­tion de ces situa­tions et sur les moyens qui leur sont consa­crés.

Un point a fait l’ob­jet d’un débat de fond : le DASEN envi­sage la créa­tion d’une com­mis­sion consul­ta­tive de type « Blan­chet », mais ouverte à l’en­semble des IEN du dépar­te­ment plu­tôt qu’aux seuls repré­sen­tants syn­di­caux, comme c’est l’u­sage dans les dépar­te­ments où ce type d’ins­tance existe déjà. Le SNCI-FO y voit un double risque : une confu­sion des péri­mètres entre le Conseil des IEN et une ins­tance consul­ta­tive de repré­sen­ta­tion, et l’a­jout d’une réunion sup­plé­men­taire à un agen­da déjà satu­ré. Nous avons pro­po­sé que cette com­mis­sion soit réser­vée aux repré­sen­tants syn­di­caux et se tienne en visio­con­fé­rence, afin de conci­lier dia­logue social et res­pect du temps de tra­vail des col­lègues.

Une méthode

Le SNCI-FO n’a­borde pas ces échanges comme un exer­cice de com­mu­ni­ca­tion ins­ti­tu­tion­nelle : ils sont, pour une orga­ni­sa­tion syn­di­cale indé­pen­dante, l’oc­ca­sion de faire valoir les droits et les inté­rêts col­lec­tifs des per­son­nels d’ins­pec­tion, et d’ob­te­nir des enga­ge­ments véri­fiables sur leurs condi­tions d’exer­cice. C’est pour­quoi nous avons rap­pe­lé, en conclu­sion de cette audience, l’exi­gence d’une gou­ver­nance fon­dée sur la confiance envers les IEN, l’an­ti­ci­pa­tion des sol­li­ci­ta­tions qui leur sont adres­sées et une prise en compte effec­tive de leurs condi­tions d’exer­cice.

Cette démarche, enga­gée en Indre-et-Loire, a voca­tion à être repro­duite dans cha­cune des aca­dé­mies où le SNCI-FO est implan­té. Les per­son­nels d’ins­pec­tion confron­tés à des dif­fi­cul­tés simi­laires sont invi­tés à se rap­pro­cher de leur sec­tion locale ou du secré­ta­riat natio­nal.