INSPECTEURS DE LA JEUNESSE ET DES SPORTS : LE SNCI-FO DÉNONCE L’ALIGNEMENT FORCÉ ET EXIGE LE RESPECT DES SPÉCIFICITÉS MÉTIERS

I
Depuis la réforme de l’Organisation Ter­ri­to­riale de l’État (OTE), l’intégration des Ins­pec­teurs de la Jeu­nesse et des Sports (IJS) au sein du Minis­tère de l’É­du­ca­tion Natio­nale, des DRAJES (rec­to­rats) et des SDJES (DSDEN) s’ap­pa­rente à une absorp­tion à marche for­cée. Pour le SNCI-FO, le constat sur le ter­rain est sans appel : cette fusion “bri­co­lée” se fait au détri­ment direct des condi­tions de tra­vail des col­lègues et vide de son sens leur exper­tise his­to­rique.
Le SNCI-FO, fidèle à son enga­ge­ment de défense exclu­sive des inté­rêts de tous les per­son­nels d’ins­pec­tion, refuse l’u­ni­for­mi­sa­tion mana­gé­riale et porte une ligne claire pour les IJS.
Un choc cultu­rel et une perte d’i­den­ti­té pro­fes­sion­nelle
L’administration de l’Éducation natio­nale tente d’ap­pli­quer aux IJS une grille de lec­ture pure­ment aca­dé­mique et des­cen­dante. C’est un contre­sens pro­fond. Issus de la culture de l’é­du­ca­tion popu­laire, du sport et du monde asso­cia­tif, les IJS ne sont pas des exé­cu­tants admi­nis­tra­tifs char­gés de cocher des cases ou d’empiler des indi­ca­teurs chif­frés de per­for­mance.
En les can­ton­nant de plus en plus à un rôle de ges­tion­naires de dis­po­si­tifs minis­té­riels, l’ad­mi­nis­tra­tion étouffe leur cœur de métier : l’in­gé­nie­rie de pro­jet, le conseil et l’a­ni­ma­tion fine des dyna­miques ter­ri­to­riales.
Explo­sion de la charge de tra­vail et mana­ge­ment par l’ur­gence
À l’i­mage des dérives que nous dénon­çons pour les IEN et les IA-IPR, les IJS subissent de plein fouet l’in­ten­si­fi­ca­tion du tra­vail. Les mis­sions de contrôle se sont mul­ti­pliées de façon expo­nen­tielle ces der­nières années :
    • Sécu­ri­sa­tion des accueils col­lec­tifs de mineurs ;
    • Déploie­ment logis­tique et mana­gé­rial du Ser­vice Natio­nal Uni­ver­sel (SNU) ;
    • Enquêtes et contrôles liés aux vio­lences sexistes et sexuelles (VSS) ou à la radi­ca­li­sa­tion dans le sport.

Face à cette infla­tion de com­pé­tences et d’ur­gences, les effec­tifs dans les DRAJES et les SDJES res­tent cruel­le­ment insuf­fi­sants. L’ad­mi­nis­tra­tion charge la barque sans jamais don­ner les moyens humains et maté­riels d’exer­cer serei­ne­ment.
Refu­ser l’as­si­mi­la­tion et la fusion ram­pante des corps
Le SNCI-FO porte une oppo­si­tion his­to­rique et réso­lue à la fusion des corps d’ins­pec­tion de l’É­du­ca­tion natio­nale. Cette logique de dérè­gle­men­ta­tion sta­tu­taire frappe les IJS de la même manière : sous cou­vert d’in­té­gra­tion, l’ad­mi­nis­tra­tion cherche un ali­gne­ment for­cé sur les logiques rec­to­rales.
Le malaise est tel que la sor­tie de la tutelle du MEN est aujourd’­hui ouver­te­ment reven­di­quée sur le ter­rain par les per­son­nels. Le SNCI-FO sou­tient fer­me­ment le refus de l’as­si­mi­la­tion aveugle. Nous com­bat­tons le trai­te­ment “de seconde zone” qui se tra­duit trop sou­vent par des opa­ci­tés dans les pro­mo­tions de car­rière au niveau aca­dé­mique et des inéga­li­tés indem­ni­taires per­sis­tantes (RIFSEEP). Le salaire et la car­rière doivent repo­ser sur le sta­tut et la qua­li­fi­ca­tion, pas sur le mérite ou l’ar­bi­traire mana­gé­rial.
Nos reven­di­ca­tions pour les IJS :
    • La fin de l’a­li­gne­ment for­cé sur les logiques aca­dé­miques et le res­pect de l’u­ni­té et de la sin­gu­la­ri­té des corps Jeu­nesse et Sports ;
    • Le res­pect strict des mis­sions sta­tu­taires his­to­riques contre la fusion ram­pante et l’u­ni­for­mi­sa­tion des corps d’ins­pec­tion ;
    • L’alignement indi­ciaire et indem­ni­taire par le haut avec les grilles des IEN et IA-IPR pour mettre fin aux injus­tices de trai­te­ment ;
    • Des moyens bud­gé­taires et humains pérennes dans les ser­vices (DRAJES/SDJES) pour absor­ber les charges de contrôle ;
    • La trans­pa­rence totale et le pari­ta­risme dans les opé­ra­tions de car­rière et de pro­mo­tion gérées en rec­to­rat.