
La décision parlementaire mettant un terme à la généralisation des Pôles d’Appui à la Scolarité (PAS) ouvre un débat de fond sur les conditions réelles de mise en œuvre de l’inclusion scolaire dans notre pays.
Le SNCI-FO tient à rappeler clairement son attachement au droit de chaque élève à bénéficier d’une scolarisation adaptée à ses besoins. Les personnels d’inspection sont quotidiennement engagés auprès des équipes, des élèves et des familles pour rendre ce droit effectif.
Mais les collègues constatent également une contradiction de plus en plus forte entre les objectifs affichés par l’institution et les moyens réellement disponibles sur le terrain. L’augmentation continue des besoins, le manque de places dans les structures médico-sociales — alors que près de 30 000 enfants et adolescents demeurent aujourd’hui sans solution adaptée selon plusieurs acteurs du secteur —, les difficultés de remplacement, la fragilisation des dispositifs spécialisés et la précarité persistante des AESH conduisent aujourd’hui les personnels à gérer des situations toujours plus complexes dans un contexte de tension permanente.
Dans ce cadre, les PAS apparaissent moins comme une réponse structurelle aux besoins que comme un outil de gestion locale de la pénurie. Les personnels d’inspection observent une multiplication des dispositifs de coordination et de régulation sans création suffisante de moyens pérennes. Cette évolution transfère progressivement vers les écoles, les établissements et les circonscriptions la responsabilité de compenser les insuffisances structurelles du système.
Le SNCI-FO refuse que l’inclusion scolaire repose sur l’épuisement des personnels, sur le détournement des missions des personnels spécialisés ou sur une adaptation permanente des organisations à l’insuffisance des ressources. Les enseignants ont besoin d’appui, de formation et d’accompagnement, mais aucun dispositif de pilotage ne remplacera des postes spécialisés, des AESH reconnus et correctement rémunérés, des remplaçants en nombre suffisant et des structures adaptées accessibles aux élèves qui en ont besoin.
Le SNCI-FO s’associe pleinement au courrier adressé par la FNEC FP-FO au ministre de l’Éducation nationale demandant l’abandon définitif des PAS ainsi que le réabondement immédiat des postes fléchés vers leur extension afin de restituer ces moyens aux écoles, aux établissements, aux dispositifs spécialisés et aux capacités de remplacement. Le SNCI-FO interviendra également auprès des recteurs et rectrices afin que cette exigence soit portée dans les académies au plus près des réalités du terrain.
Pour le SNCI-FO, l’inclusion scolaire ne peut être une politique d’affichage. Elle suppose des moyens humains, des personnels qualifiés, des conditions de travail soutenables et une véritable ambition pour l’École publique.
Le SNCI-FO demande :
- l’abandon définitif des dispositifs organisant la substitution des moyens spécialisés par des dispositifs de pilotage ;
- le réabondement des postes mobilisés pour l’extension des PAS ;
- la création des postes nécessaires dans les écoles, établissements et structures médico-sociales ;
- le renforcement des personnels spécialisés et des capacités de remplacement ;
- un véritable statut et une rémunération digne pour les AESH ;
- une politique d’inclusion fondée sur les besoins réels des élèves et des familles, et non sur les contraintes budgétaires.