IA-IPR : SOUS COUVERT D’ATTRACTIVITÉ, LE MINISTÈRE S’ATTAQUE UNE NOUVELLE FOIS AU STATUT

I

Le minis­tère pré­pare un pro­jet de texte visant à élar­gir le vivier de recru­te­ment des IA-IPR aux per­son­nels de l’enseignement pri­vé.

Pré­sen­tée comme une réponse au manque d’attractivité du corps, cette ini­tia­tive consti­tue en réa­li­té une nou­velle remise en cause des équi­libres sta­tu­taires.

Le SNCI-FO s’y oppose fer­me­ment.

Le Statut n’est pas un obstacle, il est une garantie

Le corps des IA-IPR s’inscrit dans un cadre sta­tu­taire pré­cis, fon­dé sur des prin­cipes d’accès, de car­rière et de garan­ties défi­nis par le Code géné­ral de la fonc­tion publique.

Plu­tôt que d’engager une reva­lo­ri­sa­tion du corps, le minis­tère choi­sit d’en modi­fier les condi­tions d’accès.

Ce dépla­ce­ment du pro­blème n’est pas neutre :
il fra­gi­lise la cohé­rence sta­tu­taire et évite d’ouvrir le débat sur les véri­tables causes de la perte d’attractivité.

Une crise d’attractivité aux causes identifiées

Le manque d’attractivité ne relève pas d’un défi­cit de vivier.
Il résulte de fac­teurs connus :

  • insuf­fi­sante recon­nais­sance indi­ciaire au regard des res­pon­sa­bi­li­tés exer­cées ;
  • poids crois­sant des charges admi­nis­tra­tives et des mis­sions péri­phé­riques ;
  • pilo­tage par la per­for­mance et pres­sion mana­gé­riale accrue ;
  • pers­pec­tives de car­rière insuf­fi­sam­ment lisibles ;
  • dégra­da­tion des condi­tions d’exercice.

Aucun de ces pro­blèmes n’est trai­té par l’élargissement du recru­te­ment.

Une logique de contournement plutôt qu’une politique de reconnaissance

En élar­gis­sant le vivier, le minis­tère choi­sit une réponse en appa­rence tech­nique à un pro­blème poli­tique.

Ce choix per­met d’éviter :

  • une reva­lo­ri­sa­tion sala­riale signi­fi­ca­tive et pérenne ;
  • une réflexion sur le régime indem­ni­taire et ses effets sur la retraite ;
  • un débat sur les mis­sions et le posi­tion­ne­ment ins­ti­tu­tion­nel des IA-IPR ;
  • un ren­for­ce­ment des garan­ties sta­tu­taires.

Pour le SNCI-FO, cette orien­ta­tion par­ti­cipe d’un mou­ve­ment plus large d’affaiblissement pro­gres­sif du Sta­tut des cadres de la fonc­tion publique qui s’ins­crit dans la logique du nou­veau mana­ge­ment public.

Nos revendications

Le SNCI-FO reven­dique :

  • une reva­lo­ri­sa­tion indi­ciaire sub­stan­tielle pour les trois corps d’ins­pec­tion ;
  • le bas­cu­le­ment du régime indem­ni­taire vers l’indiciaire, afin de garan­tir des droits sociaux conso­li­dés (retraite, pro­tec­tion sociale, dérou­le­ment de car­rière) ;
  • une amé­lio­ra­tion concrète des condi­tions d’exercice ;
  • le res­pect et le ren­for­ce­ment du cadre sta­tu­taire ;
  • l’ouver­ture immé­diate d’une négo­cia­tion spé­ci­fique sur l’attractivité du corps ouverte à toutes les orga­ni­sa­tions syn­di­cales repré­sen­ta­tives (CAPN et CSAMEN)..

L’attractivité ne se res­taure pas en modi­fiant les règles d’accès.
Elle se construit par la recon­nais­sance et par la conso­li­da­tion du Sta­tut.
Le SNCI-FO s’op­pose à ce pojet de texte.

Défendre le corps des IA-IPR, c’est défendre le Sta­tut.
Et défendre le Sta­tut, c’est défendre l’É­cole publique.