
À travers notre sondage « Évaluations d’école et d’établissement : votre avis compte », des personnels d’inspection ont exprimé avec clarté et constance leur analyse du dispositif d’évaluation d’école et d’EPLE actuellement en vigueur.
Les résultats, confortés par de nombreux commentaires libres, mettent en lumière un profond malaise professionnel et interrogent la pertinence même de ces évaluations dans leur forme actuelle.
Une charge de travail jugée excessive et désorganisatrice
Les répondants soulignent quasi unanimement l’alourdissement considérable de la charge de travail induite par les évaluations.
Les commentaires qualitatifs décrivent :
- un empilement de tâches sans allègement des autres missions,
- une mobilisation disproportionnée des personnels d’inspection et de direction,
- une logique de calendrier incompatible avec les réalités du terrain.
Les évaluations sont vécues comme une injonction supplémentaire, sans moyens ni temps dédiés.
Une dégradation des conditions de travail
Le sondage confirme que les évaluations ont un impact négatif sur les conditions de travail.
Les commentaires libres évoquent :
- une fatigue professionnelle accrue,
- un sentiment de pression institutionnelle,
- une perte de maîtrise du travail réel,
- une mise en tension des collectifs.
Plusieurs répondants alertent sur le risque d’épuisement professionnel, tant pour les inspecteurs que pour les équipes de direction et les personnels des écoles et établissements.
Un dispositif éloigné du cœur du métier
De nombreux commentaires dénoncent un décrochage entre les évaluations et les missions fondamentales d’expertise pédagogique.
Le temps consacré aux évaluations se fait au détriment de l’accompagnement pédagogique des équipes, pourtant présenté comme prioritaire.
Le dispositif est perçu comme formel, normatif, parfois déconnecté des besoins réels des écoles et établissements.
Une confiance fragilisée, non renforcée
Contrairement aux objectifs affichés, les évaluations ne renforcent pas la confiance entre les acteurs.
Les réponses qualitatives font état :
- d’un sentiment de contrôle plus que d’accompagnement,
- d’une défiance croissante des équipes,
- d’une parole professionnelle contrainte.
Cette perte de confiance est identifiée comme l’un des effets les plus préoccupants du dispositif.
Une utilité pédagogique largement questionnée
Les personnels interrogés peinent à identifier des effets concrets et durables des évaluations sur :
- la réussite des élèves,
- l’amélioration des pratiques,
- la dynamique collective des écoles et établissements.
Les commentaires pointent un écart manifeste entre l’investissement demandé et les résultats observables.
Des attentes claires : revoir, alléger, repenser
Les réponses convergent vers une exigence forte :
- révision profonde du dispositif,
- clarification de ses finalités,
- réduction de sa lourdeur et de sa fréquence,
- reconnaissance de l’expertise professionnelle des personnels.
- Pour certains, l’abandon pur et simple du dispositif, dans sa forme actuelle, est posé comme une option légitime.
Nos revendications
Au regard de ces constats, notre organisation syndicale demande :
- l’ouverture immédiate d’un bilan national contradictoire du dispositif,
- la suspension des évaluations tant que ce bilan n’aura pas été conduit,
- le respect des conditions de travail et du sens du métier des personnels.