Le mardi 10 juin, une assistante d’éducation du collège Françoise Dolto à Nogent (Haute-Marne) a tragiquement perdu la vie, poignardée lors d’une fouille de sacs menée par les gendarmes aux abords de l’établissement. Le SNCI-FO adresse ses sincères condoléances à sa famille, à ses proches, ainsi qu’à l’ensemble des personnels et élèves du collège. Nous partageons l’émotion et l’effroi suscités par cet acte dramatique.
Une fois encore, un personnel de l’Éducation nationale est mort en exerçant ses fonctions. Ce drame insupportable ne peut que confirmer l’insuffisance des réponses apportées en matière de protection des personnels de l’École publique. Les discours sécuritaires et les mesures d’affichage ne sauraient remplacer les moyens indispensables pour garantir un environnement de travail sûr.
Les dispositifs tels que le « continuum dissuasion-sanction » promus par les ministères, avec des contrôles aléatoires aux abords des établissements, ne répondent pas à la réalité du terrain. Impliquer les personnels de direction et de vie scolaire dans ces dispositifs les expose inutilement, alors que leur mission n’est pas d’assurer des fonctions de maintien de l’ordre.
Il est impératif de dénoncer la responsabilité des politiques d’austérité et des réformes successives qui ont dégradé les conditions d’enseignement et de travail dans les établissements scolaires. Le manque criant de personnels, la disparition de la médecine scolaire, la précarité accrue des assistants d’éducation… tout cela crée un contexte dans lequel les drames deviennent possibles, voire prévisibles. Les alertes de longue date des AED, qui dénoncent la hausse de la violence et la baisse des moyens, n’ont pas été entendues.
Face à cette situation, l’urgence n’est pas à la réduction du nombre de fonctionnaires comme le suggèrent certains membres du gouvernement, mais bien à la satisfaction des revendications portées par les personnels. Ils exigent le respect de leurs statuts, l’arrêt des suppressions de postes et la création de tous les postes nécessaires, dans l’intérêt du service public et de la sécurité de tous.
Le SNCI-FO apporte son plein soutien aux personnels qui décideront de se réunir pour exprimer leurs revendications, défendre leurs conditions de travail, et exiger la protection que leur doit l’employeur.