DISCOURS DU SNCI-FO — VISIO MINISTÉRIELLE DU 28 JANVIER

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Cen­su­rés lors de la réunion du 28 jan­vier, nous publions ci-des­sous le dis­cours que nous aurions dû tenir, pour rap­pe­ler nos posi­tions, nos reven­di­ca­tions et la réa­li­té du quo­ti­dien des ins­pec­trices et ins­pec­teurs ain­si que le cour­rier adres­sé au ministre

” Mon­sieur le ministre, Mes­dames, Mes­sieurs, Chères et chers col­lègues,

Si le SNCI-FO a sou­hai­té prendre la parole aujourd’hui, c’est parce que ce qui se joue actuel­le­ment dépasse lar­ge­ment des ajus­te­ments tech­niques ou des réor­ga­ni­sa­tions ponc­tuelles. Cela touche direc­te­ment au cœur de nos mis­sions d’inspectrices et d’inspecteurs, à notre sta­tut, à nos condi­tions de tra­vail et, au-delà, au fonc­tion­ne­ment même de l’École publique.

Nous par­lons ici à par­tir du réel du tra­vail. Le quo­ti­dien des per­son­nels d’inspection est mar­qué par une sur­charge crois­sante, par l’empi­le­ment des réformes et par des injonc­tions sou­vent contra­dic­toires.

Par­mi les nom­breux fac­teurs de malaise deux peuvent être nom­més clai­re­ment à titre d’exemple.

D’abord, la mise en œuvre de l’inclu­sion sco­laire sans les moyens adap­tés. Les ins­pec­trices et ins­pec­teurs sont en pre­mière ligne pour por­ter cette poli­tique, accom­pa­gner les équipes, répondre aux familles, gérer les ten­sions et les situa­tions com­plexes. Or, faute de moyens humains et de struc­tures de soin suf­fi­sants, cette inclu­sion se fait trop sou­vent au prix d’une grande souf­france pro­fes­sion­nelle, pour les per­son­nels comme pour les élèves et les familles.

Ensuite, la géné­ra­li­sa­tion du RIFSEEP, cette rému­né­ra­tion dite « au mérite », qui intro­duit une logique d’individualisation, de mise en concur­rence et d’opacité dans nos rému­né­ra­tions. Loin de recon­naître réel­le­ment le tra­vail accom­pli, ce dis­po­si­tif fra­gi­lise les col­lec­tifs, ali­mente un sen­ti­ment d’injustice et par­ti­cipe à la perte de sens du métier.

Il est impor­tant de le dire clai­re­ment : ces dif­fi­cul­tés ne relèvent pas de fra­gi­li­tés indi­vi­duelles. Elles sont struc­tu­relles. Elles sont le pro­duit de choix poli­tiques et bud­gé­taires qui, depuis des années, affai­blissent les moyens, désta­bi­lisent les orga­ni­sa­tions et trans­forment pro­gres­si­ve­ment le rôle des cadres de l’Éducation natio­nale.

Nous assis­tons à une remise en cause pro­fonde de notre posi­tion­ne­ment pro­fes­sion­nel. Les ins­pec­trices et ins­pec­teurs ne sont ni de simples exé­cu­tants, ni des relais hié­rar­chiques char­gés de faire pas­ser des consignes des­cen­dantes. Ils sont des cadres de l’État, por­teurs d’une exper­tise, garants de la qua­li­té péda­go­gique, de l’équité ter­ri­to­riale et de la cohé­rence du ser­vice public d’éducation.

Face à cela, les reven­di­ca­tions du SNCI-FO sont claires.

Nous reven­di­quons d’abord une recon­nais­sance sta­tu­taire et sala­riale réelle des per­son­nels d’inspection. Les car­rières sont ralen­ties, les rému­né­ra­tions décrochent, les primes ne com­pensent ni la perte de pou­voir d’achat ni l’impact néga­tif sur les pen­sions. Cela n’est plus tenable.

Nous reven­di­quons ensuite le res­pect des mis­sions des ins­pec­trices et ins­pec­teurs. Cela sup­pose de mettre un terme à l’empilement des tâches, aux mis­sions éloi­gnées du cœur de métier, et à une logique de pilo­tage exclu­si­ve­ment quan­ti­ta­tive qui déna­ture notre tra­vail.

Nous reven­di­quons éga­le­ment des moyens humains et admi­nis­tra­tifs à la hau­teur des mis­sions confiées, pour que l’École publique retrouve son uti­li­té sociale.

Nous deman­dons enfin la fin de la logique de rému­né­ra­tion indi­vi­dua­li­sée au mérite (RIFSEEP) qui ne cor­res­pond ni à nos mis­sions ni à la réa­li­té du tra­vail col­lec­tif, et qui fra­gi­lise le col­lec­tif et le sens du métier.

Ce que défend le SNCI-FO n’est pas un inté­rêt caté­go­riel étroit. Nous défen­dons une cer­taine idée de l’École publique et du rôle de ses cadres. Une ins­ti­tu­tion ne peut pas fonc­tion­ner dura­ble­ment si elle affai­blit celles et ceux qui sont char­gés de la pilo­ter, de l’accompagner et d’en garan­tir les prin­cipes.

Le SNCI-FO res­te­ra plei­ne­ment mobi­li­sé, force de pro­po­si­tions, et déter­mi­né à por­ter ces reven­di­ca­tions, dans l’intérêt des per­son­nels d’inspection et du ser­vice public d’éducation.

Je vous remer­cie. ”

Cour­rier ministre 30 01 26