DÉCLASSEMENT ET RETRAITE : QUAND LA RECONNAISSANCE SE PROLONGE JUSQU’À LA PENSION — ÉPISODE 5

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Le déclas­se­ment ne s’arrête pas au seuil de la vie active. En sub­sti­tuant des primes au trai­te­ment indi­ciaire, les réformes suc­ces­sives ont affai­bli la retraite des cadres de la Fonc­tion publique. Pour les per­son­nels d’inspection, la perte est consi­dé­rable — et durable.

Depuis une quin­zaine d’années, le cœur du déclas­se­ment se joue sur le ter­rain bud­gé­taire et indem­ni­taire.
Les réformes du régime de rému­né­ra­tion, notam­ment le RIFSEEP (Régime indem­ni­taire tenant compte des fonc­tions, des sujé­tions, de l’expertise et de l’engagement pro­fes­sion­nel), ont pro­fon­dé­ment modi­fié la struc­ture sala­riale des cadres publics.

Or, ce bas­cu­le­ment a une consé­quence majeure :
Les primes ne sont pas sou­mises à coti­sa­tion retraite.

Ain­si, à mis­sions égales, un agent dont la rému­né­ra­tion est davan­tage consti­tuée de primes ver­ra sa pen­sion dimi­nuer par rap­port à un col­lègue dont le trai­te­ment indi­ciaire est plus éle­vé.
Autre­ment dit : plus on « récom­pense » les agents par des primes, plus on affai­blit leur retraite !

Un effet mécanique et politique

Le déclas­se­ment n’est pas seule­ment sym­bo­lique ; il est orga­ni­sé.
En inci­tant à la prime plu­tôt qu’à la car­rière, les gou­ver­ne­ments suc­ces­sifs ont :

  • réduit la part des rému­né­ra­tions contri­bu­tives,
  • indi­vi­dua­li­sé les par­cours,
  • et affai­bli le modèle soli­daire du sys­tème de retraite fon­dé sur la coti­sa­tion col­lec­tive.

Pour les per­son­nels d’inspection, la situa­tion est d’autant plus injuste que :

  • le RIFSEEP repré­sente une part crois­sante du reve­nu (jusqu’à 35 à 40 % selon les aca­dé­mies),
  • et les reva­lo­ri­sa­tions indi­ciaires sont qua­si inexis­tantes depuis 2017.

Le résul­tat est connu :
Une pen­sion en recul réel, mal­gré des res­pon­sa­bi­li­tés accrues.
Un sen­ti­ment d’injustice, accen­tué par l’écart avec les corps admi­nis­tra­tifs ou ensei­gnants béné­fi­ciant de reva­lo­ri­sa­tions spé­ci­fiques.

Une exigence syndicale : revaloriser le traitement indiciaire

Face à cette double peine – déclas­se­ment pro­fes­sion­nel et perte de pen­sion – le SNCI-FO for­mule des reven­di­ca­tions claires :

  • Reva­lo­ri­sa­tion sub­stan­tielle de la grille indi­ciaire des per­son­nels d’inspection,
  • Inté­gra­tion pro­gres­sive d’une part des primes dans le trai­te­ment de base,
  • Oppo­si­tion à toute exten­sion du RIFSEEP et du CIA (com­plé­ment indem­ni­taire annuel),
  • Défense du régime de retraite par répar­ti­tion, fon­dé sur le salaire socia­li­sé.

Le déclas­se­ment, c’est aus­si une déso­cia­li­sa­tion du salaire.
En contour­nant le prin­cipe de coti­sa­tion, on affai­blit la soli­da­ri­té entre géné­ra­tions et la recon­nais­sance de la car­rière publique.
Pour le SNCI-FO, reva­lo­ri­ser le trai­te­ment, c’est reva­lo­ri­ser le Sta­tut et garan­tir l’avenir des retraites.