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Le déclassement ne s’arrête pas au seuil de la vie active. En substituant des primes au traitement indiciaire, les réformes successives ont affaibli la retraite des cadres de la Fonction publique. Pour les personnels d’inspection, la perte est considérable — et durable.
Depuis une quinzaine d’années, le cœur du déclassement se joue sur le terrain budgétaire et indemnitaire.
Les réformes du régime de rémunération, notamment le RIFSEEP (Régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l’expertise et de l’engagement professionnel), ont profondément modifié la structure salariale des cadres publics.
Or, ce basculement a une conséquence majeure :
Les primes ne sont pas soumises à cotisation retraite.
Ainsi, à missions égales, un agent dont la rémunération est davantage constituée de primes verra sa pension diminuer par rapport à un collègue dont le traitement indiciaire est plus élevé.
Autrement dit : plus on « récompense » les agents par des primes, plus on affaiblit leur retraite !
Un effet mécanique et politique
Le déclassement n’est pas seulement symbolique ; il est organisé.
En incitant à la prime plutôt qu’à la carrière, les gouvernements successifs ont :
- réduit la part des rémunérations contributives,
- individualisé les parcours,
- et affaibli le modèle solidaire du système de retraite fondé sur la cotisation collective.
Pour les personnels d’inspection, la situation est d’autant plus injuste que :
- le RIFSEEP représente une part croissante du revenu (jusqu’à 35 à 40 % selon les académies),
- et les revalorisations indiciaires sont quasi inexistantes depuis 2017.
Le résultat est connu :
Une pension en recul réel, malgré des responsabilités accrues.
Un sentiment d’injustice, accentué par l’écart avec les corps administratifs ou enseignants bénéficiant de revalorisations spécifiques.
Une exigence syndicale : revaloriser le traitement indiciaire
Face à cette double peine – déclassement professionnel et perte de pension – le SNCI-FO formule des revendications claires :
- Revalorisation substantielle de la grille indiciaire des personnels d’inspection,
- Intégration progressive d’une part des primes dans le traitement de base,
- Opposition à toute extension du RIFSEEP et du CIA (complément indemnitaire annuel),
- Défense du régime de retraite par répartition, fondé sur le salaire socialisé.
Le déclassement, c’est aussi une désocialisation du salaire.
En contournant le principe de cotisation, on affaiblit la solidarité entre générations et la reconnaissance de la carrière publique.
Pour le SNCI-FO, revaloriser le traitement, c’est revaloriser le Statut et garantir l’avenir des retraites.