CONCOURS PUBLICS D’ENSEIGNEMENT : UN CHANTAGE BUDGÉTAIRE LOURD DE CONSÉQUENCES POUR L’ÉCOLE PUBLIQUE

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En annon­çant que les postes pré­vus aux concours d’enseignement 2026 pour­raient ne pas être ouverts, le gou­ver­ne­ment place plus de 80 000 étu­diants dans une situa­tion d’incertitude inac­cep­table. Comme l’a clai­re­ment dénon­cé notre fédé­ra­tion, la FNEC FP-FO, il s’agit d’un chan­tage bud­gé­taire qui fait peser sur l’avenir de l’École publique les consé­quences directes de choix poli­tiques assu­més.

Pour le SNCI-FO, cette situa­tion n’est pas seule­ment pré­oc­cu­pante du point de vue du recru­te­ment : elle est incom­pa­tible avec le fonc­tion­ne­ment même de l’École publique, et place les per­son­nels d’inspection au cœur de contra­dic­tions ins­ti­tu­tion­nelles inte­nables.

8 000 suppressions de postes supplémentaires : une rupture de fonctionnement

Au-delà du sort immé­diat des étu­diants enga­gés dans la pré­pa­ra­tion des concours, ce sont près de 8 000 postes sup­plé­men­taires qui seraient ain­si sup­pri­més, venant s’ajouter aux 4 000 sup­pres­sions déjà pré­vues au bud­get 2026.

Ces sup­pres­sions mas­sives ne sont pas un simple ajus­te­ment comp­table :

  • elles com­pro­mettent la conti­nui­té de l’École publique ;
  • elles aggravent les ten­sions déjà exis­tantes sur les rem­pla­ce­ments, les affec­ta­tions et les condi­tions d’exercice ;
  • elles rendent illu­soires les dis­cours minis­té­riels sur la réus­site de tous les élèves, l’inclusion sco­laire ou l’amélioration du cli­mat sco­laire.

Pour les per­son­nels d’inspection, ces choix bud­gé­taires se tra­dui­ront méca­ni­que­ment par :

  • une aug­men­ta­tion des charges de pilo­tage dans des contextes dégra­dés ;
  • des injonc­tions contra­dic­toires entre exi­gences ins­ti­tu­tion­nelles et moyens inexis­tants ;
  • une mise en dif­fi­cul­té accrue dans l’accompagnement des équipes, des éta­blis­se­ments et des cir­cons­crip­tions.

Une École publique fragilisée, des personnels placés en première ligne

Le SNCI-FO alerte : on ne pilote pas dura­ble­ment l’École publique en sup­pri­mant les postes néces­saires à son fonc­tion­ne­ment. Les ins­pec­tions, qu’elles soient du pre­mier ou du second degré, ne peuvent être réduites à un rôle de ges­tion de la pénu­rie.

Faire por­ter aux per­son­nels d’inspection la res­pon­sa­bi­li­té de réor­ga­ni­ser en per­ma­nence une École publique affai­blie revient à :

  • dégra­der leurs condi­tions de tra­vail ;
  • affai­blir leur rôle pro­fes­sion­nel et sta­tu­taire ;
  • ins­tal­ler une gou­ver­nance par la ten­sion et l’urgence per­ma­nente.

C’est une logique que nous refu­sons.

Refus du budget de guerre, défense de l’École publique

Le SNCI-FO s’inscrit plei­ne­ment dans le refus du bud­get de guerre, qui sacri­fie les ser­vices publics, et en par­ti­cu­lier l’École publique, au nom de prio­ri­tés étran­gères aux besoins des élèves et des per­son­nels.

Les cré­dits existent. Les choix sont poli­tiques.

L’École publique n’a pas besoin de dis­cours, mais de postes ouverts et pour­vus.
Elle n’a pas besoin de chan­tage bud­gé­taire, mais d’un inves­tis­se­ment mas­sif et pérenne.

Les revendications du SNCI-FO

Dans le pro­lon­ge­ment des posi­tions por­tées par la FNEC FP-FO, le SNCI-FO reven­dique :

  • l’ouverture et le pour­voi effec­tif de tous les postes aux concours d’enseignement 2026 ;
  • l’abandon immé­diat de toute sup­pres­sion de postes sup­plé­men­taires ;
  • le retrait des logiques bud­gé­taires qui désor­ga­nisent l’École publique ;
  • le refus des bud­gets de guerre et la réorien­ta­tion des moyens vers l’éducation, la for­ma­tion et l’École publique.

Défendre les concours, défendre les postes,

c’est défendre l’École publique

et les condi­tions d’exercice de tous les per­son­nels,

y com­pris des per­son­nels d’inspection.