Alors que le gouvernement affirme que le budget de l’Éducation nationale sera en hausse en 2026, le SNCI-FO propose une lecture bien différente : ce budget est, en réalité, en recul. Il ne s’agit pas d’un simple désaccord d’analyse, mais d’un constat établi à partir d’une lecture rigoureuse des chiffres, prenant en compte l’inflation, les crédits effectivement mobilisables, et l’évolution des moyens par élève et par mission.
Une baisse en euros constants
Contrairement aux annonces ministérielles, le SNCI-FO fonde son analyse sur les crédits de paiement réels, corrigés de l’inflation, et sur l’évolution objective des dépenses par élève. Dans un contexte où l’inflation demeure élevée (3 à 4 %), une hausse nominale de 1 % du budget revient de fait à une baisse des moyens en valeur réelle.
À cela s’ajoute l’impact de la démographie : dans plusieurs académies, les effectifs d’élèves continuent d’augmenter sans que les créations de postes ne suivent. La pression sur les équipes, les établissements et les services d’encadrement s’accroît.
Une priorité affichée, des arbitrages réels qui contredisent le discours
L’Éducation nationale est souvent présentée comme une priorité gouvernementale. Mais les actes contredisent ce discours :
- Suppression de 5 000 postes à la rentrée 2025 (chiffre confirmé par notre fédération, la FNEC FP-FO), alors même que les besoins sont croissants ;
- Réduction des effectifs administratifs dans les circonscriptions, les DSDEN et les rectorats ;
- Gels de postes dans les filières d’encadrement ;
- Baisses significatives des crédits de fonctionnement, de formation et de déplacement.
Ces mesures participent à une dégradation structurelle des conditions de travail, d’exercice et de pilotage, que n’effacent ni les effets d’annonce ni les priorités opportunément mises en avant.
Des redéploiements internes sans renforcement global
La stratégie budgétaire repose largement sur des redéploiements internes. Certains programmes (remplacements, formation, pilotage) seront probablement rognés pour alimenter des lignes politiquement valorisables (inclusion, numérique). Mais ces réaffectations ne compensent en rien les baisses globales. Il s’agit avant tout d’un jeu d’écriture, sans effet tangible sur les conditions de travail dans les écoles, les établissements et les services.
Une politique austéritaire pleinement assumée
Le SNCI-FO partage l’alerte portée par sa fédération, la FNEC FP-FO : le projet de budget 2026 poursuit et aggrave la logique austéritaire qui mine depuis des années l’École publique. Il s’inscrit dans une trajectoire marquée par :
- une contractualisation croissante des moyens et des postes ;
- un pilotage par la “performance” au détriment des missions ;
- une pression constante sur les personnels.
Ce sont les élèves, les personnels, et les missions d’encadrement qui paient le prix de ces choix budgétaires.
Le SNCI-FO exige :
L’abandon immédiat de ce projet de budget austéritaire, incompatible avec la promesse républicaine d’une École publique ambitieuse, égalitaire et protectrice.