AUDIENCE AU MINISTÈRE : LIBERTÉ SYNDICALE, TENSIONS À LA RÉUNION ET SITUATIONS INDIVIDUELLES

A

Le SNCI-FO a été reçu le 12 février 2026 par la conseillère « dia­logue social » du ministre et par le Direc­teur de l’encadrement.
Trois points étaient à l’ordre du jour :

  1. la visio­con­fé­rence minis­té­rielle du 28 jan­vier,
  2. les ten­sions per­sis­tantes dans l’académie de La Réunion,
  3. plu­sieurs situa­tions indi­vi­duelles d’adhérents.

Liberté d’expression syndicale : un engagement pour l’avenir

Nous sommes reve­nus en pre­mier lieu sur les condi­tions dans les­quelles s’est tenue la visio­con­fé­rence minis­té­rielle du 28 jan­vier, au cours de laquelle le SNCI-FO n’a pas été auto­ri­sé à prendre la parole.

Nous avons rap­pe­lé qu’il s’agit d’une rup­ture avec les usages constants du dia­logue social, ceci en pleine année élec­to­rale. À plu­sieurs reprises, sous les ministres Pap Ndiaye, Gabriel Attal et Amé­lie Oudéa-Cas­té­ra, notre orga­ni­sa­tion avait pu inter­ve­nir dans des confi­gu­ra­tions simi­laires lorsque le ministre réunis­sait les per­son­nels d’inspection.

Le minis­tère a assu­ré qu’il n’y avait pas de volon­té de pri­ver le SNCI-FO de parole et a invo­qué des contraintes d’organisation, notam­ment la durée de la réunion.

La conseillère « dia­logue social » a tou­te­fois recon­nu le carac­tère pro­blé­ma­tique de la situa­tion et indi­qué que, doré­na­vant, le néces­saire serait fait pour que toutes les orga­ni­sa­tions syn­di­cales repré­sen­ta­tives – au CSA minis­té­riel ou en CAPN – puissent s’exprimer si elles le sou­haitent lors de ce type de réunion.

Le SNCI-FO sera par­ti­cu­liè­re­ment atten­tif à la tra­duc­tion concrète de cet enga­ge­ment.

GNPI : un périmètre toujours contesté

La mise en place du GNPI a éga­le­ment été évo­quée.

Le minis­tère main­tient sa posi­tion : ce groupe res­te­rait ouvert aux seules orga­ni­sa­tions syn­di­cales sié­geant en CAPN.

Nous avons rap­pe­lé que les tra­vaux du GNPI portent sur des orien­ta­tions liées à la poli­tique édu­ca­tive géné­rale et qu’ils auront des consé­quences pour l’ensemble des per­son­nels de l’institution. À ce titre, ils relèvent plei­ne­ment du champ du CSA minis­té­riel, où le SNCI-FO est repré­sen­té.

Le minis­tère s’est néan­moins enga­gé à nous infor­mer et à nous trans­mettre les textes et tra­vaux issus du GNPI.

Académie de La Réunion : des tensions persistantes

Le SNCI-FO a aler­té le minis­tère sur la situa­tion pré­oc­cu­pante dans l’académie de La Réunion.

À la suite du mou­ve­ment col­lec­tif des ins­pec­trices et ins­pec­teurs – notam­ment des IEN 1D – ayant conduit au dépôt d’une fiche SST en réac­tion à la mise en place d’un repor­ting men­suel sor­tant du cadre régle­men­taire et per­çu comme une marque de défiance, la situa­tion demeure ten­due.

Des pres­sions s’exerceraient à bas bruit. La demande de retrait des fiches SST aurait été for­mu­lée en conseil des IEN.

La ques­tion de la mobi­li­té sus­cite éga­le­ment de fortes inter­ro­ga­tions. Cer­tains col­lègues indiquent avoir été fra­gi­li­sés dans le cadre de pro­cé­dures de recru­te­ment sur postes fonc­tion­nels.

Plus lar­ge­ment, la déci­sion de réser­ver, pour la pre­mière fois, le poste d’IEN adap­ta­tion et inclu­sion sco­laire à des IEN 2D dis­po­sant d’une « loyau­té sans faille envers l’institution » a pro­fon­dé­ment inter­ro­gé les col­lègues. For­mu­lée ain­si, cette exi­gence a conduit de nom­breux IEN 1D à s’interroger sur la per­cep­tion de leur propre loyau­té par le rec­teur.

Le minis­tère a indi­qué avoir toute confiance dans l’équipe de direc­tion de l’académie, tout en s’engageant à veiller à ce qu’aucune déci­sion ou com­mu­ni­ca­tion ne puisse être inter­pré­tée comme une sanc­tion impli­cite ou une mesure de rétor­sion.

Le SNCI-FO res­te­ra vigi­lant quant à l’évolution de cette situa­tion.

Situations individuelles : un suivi engagé

Plu­sieurs situa­tions indi­vi­duelles d’adhérents ont enfin été pré­sen­tées.

Le minis­tère a indi­qué que leur exa­men serait conduit en lien étroit avec la Direc­tion de l’encadrement, dans les meilleurs délais.

Le SNCI-FO poursuit son action

Cette audience a per­mis :

  • d’obtenir un enga­ge­ment sur le res­pect de l’expression de toutes les orga­ni­sa­tions syn­di­cales repré­sen­ta­tives lors des réunions minis­té­rielles ;
  • de por­ter offi­ciel­le­ment les ten­sions per­sis­tantes dans l’académie de La Réunion ;
  • d’engager un sui­vi des situa­tions indi­vi­duelles signa­lées.

Le SNCI-FO conti­nue­ra d’exercer plei­ne­ment son rôle : défendre les per­son­nels d’inspection, faire res­pec­ter les droits syn­di­caux et por­ter sans relâche la voix des col­lègues.