BUDGET 2026 : UNE OFFENSIVE CONTRE L’ÉCOLE PUBLIQUE ET SES CADRES

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Le bud­get 2026 de l’Éducation natio­nale est pré­sen­té comme en hausse, mais il s’agit d’un trompe‑l’œil bud­gé­taire.
Cor­ri­gé de l’inflation et des gels de cré­dits, il se tra­duit par une baisse réelle de 4 à 6 %, dans un contexte de gel du point d’indice, de pres­sion mana­gé­riale accrue et de contrôle pré­fec­to­ral sur la carte sco­laire.
Les per­son­nels d’inspection subissent direc­te­ment cette logique carac­té­ris­tique du nou­veau mana­ge­ment public : RIFSEEP « au mérite », cré­dits de for­ma­tion et de dépla­ce­ment réduits, et moyens d’action rognés.

Année Bud­get EN (Md€) Annu­la­tions / gels Sup­pres­sions de postes totales Sup­pres­sions 1er degré Infla­tion (env.)
2023 63,5 1 500 1 100 +5 %
2024 63,7 692 M€ 2 500 2 000 +4,9 %
2025 64,3 3,1 Md€ 4 000 3 155 +3,4 %
2026 (PLF) 64,5 4 600 +3 % (pré­vi­sion)

Les IEN 1D en première ligne

Les IEN 1D se retrouvent au cœur de la ten­sion bud­gé­taire.
Les 3 155 sup­pres­sions de postes en 2025 ont fra­gi­li­sé les écoles publiques et la répar­ti­tion des moyens.
En 2026, la situa­tion s’aggrave : les DASEN, sou­mis à la rigueur gou­ver­ne­men­tale et au contrôle des Pré­fets, exercent une pres­sion accrue sur les IEN pour impo­ser des fer­me­tures de classes et d’écoles, sou­vent contraires aux besoins péda­go­giques dans un contexte d’in­clu­sion sco­laire tou­jours plus pro­blé­ma­tique.
Les IEN devront affron­ter la colère des élus, des familles et des ensei­gnants, tout en assu­rant la cohé­rence péda­go­gique et la conti­nui­té du ser­vice public.

Un contexte de rémunération au mérite

Le RIFSEEP, mis en place avec le concours du SUI-FSU et du SIEN-UNSA (2021–2024), assoit une logique de rému­né­ra­tion au mérite et de mise sous contrôle hié­rar­chique.
Il ne consti­tue ni une reva­lo­ri­sa­tion, ni un gain pour les pen­sions, car les primes ne sont pas sou­mises à coti­sa­tion.
Le lien éta­bli entre l’évaluation, la prime et les objec­tifs de ges­tion bud­gé­taire dégradent tou­jours plus les condi­tions de tra­vail des per­son­nels d’inspection.

Les priorités inversées

Pen­dant que l’Éducation natio­nale voit ses moyens réels bais­ser, le bud­get de la Défense aug­mente de 7 mil­liards d’euros et dépasse pour la pre­mière fois celui de l’École.
Les dépenses mili­taires pro­gressent, les dépenses d’éducation reculent : le choix poli­tique est clair.

Le SNCI-FO exige :

  • Le retrait du bud­get Macron-Lecor­nu ;
  • La créa­tion de tous les postes néces­saires dans le pre­mier et le second degré ;
  • La reva­lo­ri­sa­tion indi­ciaire réelle des per­son­nels d’inspection ;
  • Le réta­blis­se­ment des cré­dits de for­ma­tion et de dépla­ce­ment en lien avec les besoins ;
  • L’abro­ga­tion du RIFSEEP et le retour à un régime indi­ciaire garan­tis­sant les droits à pen­sion.