LE CHANGEMENT PERPÉTUEL COMME MOYEN DE CONTRÔLE DES SALARIÉS… ET DÉSORMAIS DES CADRES, DANIÈLE LINHART, PROFESSEURE DES UNIVERSITÉS
S’organiser collectivement au sein d’un syndicat, élaborer des positions solides nécessite, entre autres, de convoquer parfois l’Histoire, la Philosophie. Les Chercheurs de ces disciplines, en agençant des concepts, en les situant dans le temps long, nous aident à comprendre les réalités auxquelles nous sommes confronté.es.
Il y a des éléments forts de continuité entre le taylorisme classique et le management actuel. La philosophie taylorienne, qui vise à réduire les coûts et les délais de manière permanente, impose maintenant à chaque travailleur de faire preuve d’une vigilance individuelle (lean management). Actuellement, le mode de domination est légitimé par une prise en charge sur-humanisante des salariés par les Directions des Ressources Humaines auto-décrétées.
Danièle Linhart est directrice de recherches émérite au CNRS et membre de l’équipe GTM au laboratoire CRESPPA. Sociologue, elle travaille sur les transformations de l’organisation du travail, l’idéologie managériale et le vécu des salariés tant dans le secteur privé que public. Parmi ses ouvrages : Travailler sans les autres ? (Seuil, 2009) ; Perte d’emploi perte de soi (avec B. Rist et E. Durand, Erès, 2009) ; La modernisation des entreprises (La Découverte, 2010, 3e édition).
Conférence donnée lors des Rencontres de Sophie 24–26 mars 2017 au Lieu Unique de Nantes
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