Le SNCI-FO l’avait dénoncé en novembre 2024, puis en novembre 2025 : la trajectoire budgétaire engagée par le gouvernement est incompatible avec les exigences d’une École publique de qualité. Le projet d’actualisation de la loi de programmation militaire, en discussion à l’Assemblée nationale, confirme ce que nous anticipions.
Trente-six milliards d’euros supplémentaires pour les dépenses d’armement. Et, dans le même temps, le ministère des comptes publics assume sans détour que cette priorité implique des économies « partout ailleurs » : 4 milliards de coupes dans le budget de l’État, 2 milliards dans celui de la Sécurité sociale pour la seule année 2026. L’Éducation nationale n’est pas épargnée — suppressions de postes, fermetures de classes, expérimentation de carte scolaire accélérée dans 18 départements d’ici 2030.
Les personnels d’inspection mesurent concrètement ce que cette logique produit : des territoires à piloter avec des moyens qui se réduisent, des équipes enseignantes à accompagner dans des conditions dégradées, des politiques pédagogiques à conduire sans les ressources qu’elles supposent. On leur demande, en somme, de gérer l’austérité — ce n’est pas leur mission.
L’École publique républicaine n’est pas une variable d’ajustement budgétaire. Elle est le fondement d’une promesse démocratique : donner à chaque enfant, sans distinction d’origine ni de territoire, les moyens de son émancipation. Cette promesse ne se satisfait pas de rustines managériales. Elle exige des choix politiques clairs.
Le SNCI-FO réaffirme son opposition à cette logique et continuera à la porter, avec la FNEC FP-FO et la Confédération FO, dans tous les espaces où la voix des personnels d’inspection doit s’entendre.