BUDGET LECORNU IMPOSÉ PAR 49.3 : AUSTÉRITÉ RENFORCÉE POUR L’ÉCOLE PUBLIQUE, ASPHYXIE DU PILOTAGE ÉDUCATIF ET FUITE EN AVANT GUERRIÈRE

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Par le recours à l’article 49–3, le Pre­mier ministre Lecor­nu impose un bud­get d’austérité et de guerre, au terme de trac­ta­tions poli­ti­ciennes sans aucune réponse aux besoins des per­son­nels, des ser­vices publics et de la popu­la­tion.

Pré­sen­tées comme des « conces­sions », les der­nières annonces gou­ver­ne­men­tales relèvent de la com­mu­ni­ca­tion. Elles ne remettent en cause ni le gel des salaires par le main­tien de la valeur du point d’indice, ni les sup­pres­sions de postes, ni les coupes bud­gé­taires qui frappent l’École publique à tous les niveaux.

Dans l’Éducation nationale, l’austérité est confirmée

Pour l’École publique, ce bud­get main­tient :

  • les 4 000 sup­pres­sions de postes d’enseignants,
  • la pour­suite du recours mas­sif à des AESH sous-payés, main­te­nus sous le seuil de pau­vre­té, sans créa­tion de postes sta­tu­taires à la hau­teur des besoins,
  • l’absence de plan sérieux pour la for­ma­tion ini­tiale et conti­nue,
  • l’asphyxie de la san­té sco­laire, déjà exsangue,
  • et l’incertitude inac­cep­table pesant sur les concours d’enseignement 2026, uti­li­sés comme variable d’ajustement bud­gé­taire et ins­tru­ment de chan­tage.

Les per­son­nels d’inspection constatent quo­ti­dien­ne­ment les effets de ces choix : dégra­da­tion du fonc­tion­ne­ment des écoles et des éta­blis­se­ments, ten­sions accrues sur les équipes, mul­ti­pli­ca­tion des injonc­tions contra­dic­toires et éloi­gne­ment crois­sant entre les mis­sions confiées et les moyens réel­le­ment dis­po­nibles.

Un pilotage par la pénurie et la performance

Pour le SNCI-FO, ce bud­get confirme une orien­ta­tion que nous dénon­çons de longue date : celle d’un pilo­tage de l’École par la pénu­rie, les indi­ca­teurs et la per­for­mance, au détri­ment du sens des mis­sions, de l’expertise pro­fes­sion­nelle et des garan­ties sta­tu­taires.

Les cré­dits consa­crés au pilo­tage, à la for­ma­tion, aux dépla­ce­ments et au fonc­tion­ne­ment admi­nis­tra­tif sont insuf­fi­sants au regard des mis­sions confiées aux per­son­nels d’encadrement et d’inspection. Cette situa­tion ali­mente le déclas­se­ment des cadres, la perte d’autonomie pro­fes­sion­nelle et une mise sous pres­sion per­ma­nente incom­pa­tible avec l’exercice serein des res­pon­sa­bi­li­tés.

De l’argent pour la guerre, pas pour l’École

Alors que l’austérité s’impose par­tout dans les ser­vices publics, le bud­get mili­taire, lui, échappe à toute contrainte.

La loi de pro­gram­ma­tion mili­taire pré­voit des dizaines de mil­liards d’euros sup­plé­men­taires, au nom d’un « sur­saut mili­taire », pen­dant que l’École publique, l’hôpital et la Sécu­ri­té sociale sont som­més de se ser­rer la cein­ture.

Le SNCI-FO refuse cette logique :

Non au bud­get d’austérité et de guerre

Oui à l’investissement dans l’École publique et ses per­son­nels

Les revendications du SNCI-FO

Le SNCI-FO réaf­firme ses reven­di­ca­tions :

  • reva­lo­ri­sa­tion immé­diate des salaires par le dégel de la valeur du point d’indice,
  • créa­tions de postes sta­tu­taires à tous les niveaux,
  • moyens pérennes pour la for­ma­tion, la san­té sco­laire et le fonc­tion­ne­ment du ser­vice,
  • res­pect des mis­sions, sta­tuts et garan­ties col­lec­tives des per­son­nels d’inspection,
  • aban­don du pilo­tage par la per­for­mance et les indi­ca­teurs.

Le SNCI-FO appelle les per­son­nels d’inspection à faire valoir ces reven­di­ca­tions.

L’argent pour l’École publique et ses per­son­nels,

pas pour pré­pa­rer la guerre.