
La semaine du 15 au 19 décembre a été marquée par une séquence syndicale décisive pour Force Ouvrière dans l’Éducation nationale, avec la tenue du congrès de la FNEC FP-FO, puis du 2ᵉ congrès du Syndicat national des corps d’inspection – SNCI-FO, réuni le 18 décembre à Angers.
Ces congrès ont permis de réaffirmer une ligne claire, indépendante et offensive : défendre l’École publique, les statuts et les personnels, et s’opposer résolument à la marche à la guerre et aux budgets qui l’accompagnent.
Une politique cohérente : austérité scolaire et économie de guerre
Les interventions lors des congrès ont convergé sur un constat partagé : les attaques contre l’École publique, la Fonction publique et les personnels s’inscrivent dans une politique globale, cohérente et assumée.
Pendant que des milliards d’euros supplémentaires sont consacrés au budget des armées, l’École publique subit suppressions de postes, fermetures de classes, dégradation des conditions de travail, gel du point d’indice et allongement de la durée de travail avec la réforme des retraites à 64 ans.
Cette orientation budgétaire traduit un choix politique : celui d’une économie de guerre qui détourne les ressources publiques au détriment des services publics, de la protection sociale et des besoins essentiels de la population.
Le SNCI-FO, avec la FNEC FP-FO, l’affirme clairement : l’argent public doit aller à l’École publique, pas à la guerre ni aux profits.
Le nouveau management public au service de la mise au pas
Les congrès ont également mis en lumière le rôle central du nouveau management public dans cette réorientation politique.
Pilotage par la performance, inflation évaluative, contractualisation, individualisation des rémunérations et des carrières, culture du résultat : ces outils transforment l’École en un instrument de gestion et d’adaptation, au service d’orientations économiques, politiques et désormais militaires qui lui sont étrangères.
Les personnels d’inspection sont placés au cœur de ce dispositif, sommés de le faire fonctionner et de le légitimer.
Le SNCI-FO le réaffirme sans ambiguïté : les inspectrices et inspecteurs refusent d’être les agents dociles de cette mise au pas, qui dénature leurs missions et les place en contradiction avec leur conscience professionnelle.
Une École instrumentalisée, une ligne syndicale claire
Les congrès ont dénoncé la militarisation progressive de l’École : développement des classes de défense, promotion des valeurs militaires, formation des enseignants à la « défense », instrumentalisation de l’institution scolaire dans un contexte de tensions internationales accrues.
Pour le SNCI-FO, cette orientation est incompatible avec les missions fondamentales de l’École publique.
L’École a pour mission l’instruction, la qualification et l’émancipation, pas l’embrigadement, pas l’adaptation docile aux besoins immédiats du marché ou de la guerre.
Le SNCI-FO réaffirme son attachement à la tradition pacifiste de Force Ouvrière et son refus de voir les enfants des classes populaires transformés en variables d’ajustement de politiques guerrières.
Une convergence des combats contre l’austérité et la guerre
Les interventions croisées lors du congrès du SNUDI-FO, les entretiens avec les infirmiers et infirmières scolaires du SN-FO-IEN, et les assistantes et assistants sociaux du SN-FO-ASEN, ont montré que personnels enseignants, AESH, personnels de santé, personnels sociaux et personnels d’inspection subissent les mêmes politiques : austérité budgétaire, surcharge de travail, injonctions contradictoires, précarité organisée et perte de sens.
Face aux tentatives de division, le SNCI-FO revendique une convergence syndicale fondée sur des revendications communes, au premier rang desquelles :
– l’arrêt des politiques d’austérité,
– le refus des budgets de guerre,
– la défense des statuts et des droits collectifs,
– des moyens à la hauteur des besoins de l’École publique.
Le 2ᵉ congrès du SNCI-FO : une feuille de route claire
La résolution adoptée lors du 2ᵉ congrès du SNCI-FO constitue une feuille de route claire pour les années à venir.
Elle réaffirme l’attachement du syndicat au syndicalisme libre et indépendant, fidèle à la Charte d’Amiens, et acte une rupture explicite avec le nouveau management public.
Elle condamne sans ambiguïté l’économie de guerre, exige la réorientation des fonds publics vers les services publics, et réaffirme le combat pour la paix, la justice sociale et la solidarité internationale.
Un syndicat déterminé et en responsabilité
À l’issue de cette semaine de congrès, le SNCI-FO confirme sa volonté de prendre toute sa place dans le rapport de force, aux côtés de la FNEC FP-FO et des 14 autres syndicats de la fédération.
Fidèle à la tradition ouvrière, pacifiste et indépendante de Force Ouvrière, le SNCI-FO poursuivra son combat contre l’austérité, contre la marche à la guerre et pour une École publique émancipatrice, au service des besoins de la population et non des logiques guerrières.